30 ans, un « cap » ?

« 30 ans ! Quel cap ! » / « 30 ans, les choses sérieuses commencent ! »

Autant de messages gentils et bienveillants, mais qui angoissent, ou qui personnellement, m’ont angoissée… Maintenant que j’ai 30 ans, quand je célèbre les 30 ans des autres, j’ai tendance à leur dire « T’en fais pas, rien ne change, c’est surtout les messages des autres qui te font faire le bilan ». C’est ce que j’ai pu ressentir… Toute l’année avant d’avoir cet âge fatidique, tout allait bien, aucune peur, aucune angoisse, 30 ans n’était qu’un âge, un âge comme un autre. Heureuse de ma vie, rien de spécial à déclarer, pas de changement radical à l’horizon. Et puis est arrivé le J-30. Dans 30 jours j’allais avoir 30 ans et je me suis souvenue de la façon dont je me voyais à 30 ans lorsque j’étais enfant. « Vraie » femme, « vraie » situation, salaire de folie, mariée, propriétaire d’une maison et au moins un enfant. On était loin de ça. Je me suis demandé si ce que j’imaginais s’inscrivait toujours dans mes ambitions, et c’était le cas à peu de choses près. Comme quoi, la personnalité et les « préoccupations », on les a très tôt. À J-30 de mes 30 ans, j’étais « juste » mariée (c’est déjà beaucoup…). Avec l’envie d’être une « vraie » femme (sans trop savoir ce que cela signifie), d’avoir un salaire de folie, d’être propriétaire et d’être maman. La remise en question démarrait : est-ce que je dois me bouger ? Suis-je dans la « norme » ? J’ai vite arrêté de me comparer pour ne pas déprimer, et en même temps, quand je regardais autour de moi, je ne me sentais pas si déphasée. Tout allait bien, je n’avais pas de raison de m’en faire. En revanche, le souhait de changer de travail me trottait dans la tête depuis plusieurs mois et c’est devenu une évidence au printemps. Évidence confirmée et réfléchie à J-30 de mes 30 ans. Cet âge a sans doute été le déclic final. J’avais décidé de ne plus rester dans ce confort, de voir ailleurs, d’explorer de nouveaux horizons qui me stimuleraient à nouveau. Comme une envie de se (re)mettre en danger.  Par chance, j’ai eu une jolie opportunité professionnelle, et j’ai le sentiment qu’après celle-ci, tout s’enchaînera comme cela devra s’enchaîner, au rythme qui se mettra en place, et dans un ordre aléatoire qui réjouira, quel qu’il soit. Comme il faut toujours se le dire, la vie est bien faite, tout arrive à point qui sait attendre, et mieux vaut tard que jamais. Des dictons « bêtes », mais vérifiés.

Si je me suis interrogée le jour de mes 30 ans, c’est aussi parce que ce jour là, on célébrait nos un an de mariage civil, et plusieurs messages étaient à base de « Joyeux anniversaire, et joyeux anniversaire de mariage, on attend le baby maintenant ! » De l’amour, de l’impatience, de la bienveillance évidemment !! Mais ça fait un peu mal au cœur. Je ne sais pas ce qui m’a le plus dérangé entre ressentir une intrusion ou une sorte de pression façon « t’es mariée depuis un an, donc, logique, tu dois avoir un bébé bientôt », « tu as 30 ans donc tu dois penser à avoir ton premier enfant », ou « dépêche toi, l’horloge biologique est impitoyable ». Voilà pourquoi avoir 30 ans m’a fichu un petit coup. Parce que j’ai eu le sentiment d’entrer dans une case, voire plusieurs cases. À 30 ans on est si jeune encore… La vie nous réserve généralement ce qui est bon pour nous au moment le plus opportun, du moins j’ai tendance à le croire. Alors après une petite semaine à déprimer tout en me trouvant idiote de « déprimer » pour si peu, j’ai radicalement transformé ma façon de voir les choses, en réalisant que l’âge est souvent un prétexte. Si on ne se marie pas à 28 ans, si on n’a pas notre premier CDI à 26 ans, si on n’a pas notre premier enfant à 29/30 ans, si on n’est pas proprio avant ses 30 ans… Ça change quoi ? Je ne vais pas non plus demander le droit d’être en retard car je ne me considère pas comme en retard, et… Est-on « en retard » si on part du principe que « chacun sa vie », « chacun son rythme » ? Je reconnais que ces sortes de classifications peuvent me « booster » parfois car elles ne sont pas si déconnantes : c’est évidemment plus simple d’acheter « jeune », d’avoir un enfant « jeune » et de prendre des risques « jeune ». Mais est-on vraiment à 3 ans près ? Ces « codes » me font néanmoins penser que le temps passe vite, et que parfois, il faut foncer plutôt que de laisser faire. Mais à certains moments, c’est la vie qui décide et pas nous. Ces circonstances, les occasions, les opportunités, les coups de chance, les projets et autres idées se succèdent, dans un ordre qui n’est peut-être pas l’ordre conventionnel, mais qui correspond à notre parcours. Et c’est tout ce qui compte.

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2 commentaires sur “30 ans, un « cap » ?

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  1. Un très joli article !
    J’ai 31 ans et je me suis mariée il y a un an aussi (en juin 2017), et j’ai exactement le même ressenti face à la « pression » des amis/famille qui attendent un bébé comm si c’était la chose « normale ». Mais comme tu le dis si bien c’est parfois la vie qui décide.
    Je te souhaite plein de bonheur dans ton nouveau travail et surtout dans cette nouvelle dizaine 😉

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